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Pitié pour les Chiens

 

Les tristes événements qui touchent la Spa de Haguenau mettent une fois de plus les chiens catégorisés sous les feux des projecteurs, du moins en apparence. En réalité ce nouvel épisode met en évidence un malaise beaucoup plus général : la non réflexion sur la réalité canine au sein de notre société. 

La loi de 1999,  puis l’extension des pouvoirs des Maires, et enfin le projet d’une nouvelle loi (loi qui devrait entrer en application au printemps de cette année) montrent, à mon sens, à quel point les pouvoirs publics sont désemparés face a cette problématique chien.

La dangerosité d’un chien n’est pas liée à son apparence, son appartenance à telle ou telle race. Mr. Le député Sarre dans son rapport le souligne très clairement :

« Il est possible de faire de tout chien un animal dangereux soit inconsciemment, par incohérence dans le mode de vie ou les ordres donnés, soit consciemment par conditionnement, et ce en une quinzaine de jours. »

Malheureusement cette assertion, est complètement occultée, remplacée par la catégorisation que nous connaissons et qui évite de se poser les bonnes questions. Certains d’entre nous signalaient le danger potentiel de cette désignation : rendre ces races « dites dangereuses » que plus attrayantes pour une certaine population. D’ailleurs ces mêmes individus se détournent des chiens de 1ere et 2e catégorie, suite aux conditions, aux contraintes d’acquisition pour se tourner vers des races non catégorisées (Dogue Argentin, Cane Corso…) mais toutes aussi imposantes. En sommes à ce rythme il va falloir légiférer tous les 2 ou 3 ans.

En outre sachant que quand il y a morsure :

« Dans 60 % des cas le chien appartient à la famille, aux voisins, amis. Et que 78% sont des chiens mâles âgés de moins de 4 ans. Dans 85% le chien est connu de la victime.»

Alors que penser, que faire ? Quelles solutions proposer ?

Une relecture de cette problématique, semble nécessaire, impliquant directement et activement toute la «filière canine» c'est-à-dire l’ensemble des professionnels (éleveurs, vétérinaires, éducateurs, comportementalistes), des structures (Société Centrale Canine, Club d’éducation, Société de Protection Animale). 

Nous devons nous poser les bonnes questions, même si elles sont dérangeantes.

  • Quelle est la place du chien dans notre société

  • Quelle politique urbaine mettre en place pour une intégration, une cohabitation harmonieuse et l’épanouissement de tous y compris les « non-chien ».

  • Est-ce que l’acceptation de tenue de salon « animalia », de l’existence de sites internet proposant à la vente des animaux n’est pas encourager le trafic d’animaux, les éleveurs amateurs, les personnes peu scrupuleuses. N’est ce pas encourager les achats irraisonnés avec les conséquences que cela implique.

  • Est-il normal qu’un stage d’un week-end forme des éleveurs. Avoir une lignée stable demande des années de travail, de sélection.

  • Quel est le degré de formation, de compétence des éducateurs canins installés ou en club.

  • Ne faudrait-il pas repenser la philosophie de l’école des chiots ? Ecole de la vie et non classe de pré agility.

  • Pourquoi lors de l’acquisition n’y a-t-il pas une obligation de suivi du chien et des maîtres afin de partir sur de bonnes bases ?

  • Pourquoi attendre l’incident ?

  • L’accès au mordant, même dit sportif, est il vraiment encore en adéquation ?

Autant de thèmes qu’il faudrait aborder sans peur et sans esprit corporatiste, il en est de même pour les vétérinaires, comment établir une constat : de bilan comportemental, qu’est ce qu’un bilan de dangerosité ?

Il nous semble grand temps de nous réunir afin de trouver des pistes…et cela sans esprit corporatiste mais dans un sens du bien être du chien et du maître.

En conclusion

Une bonne socialisation du chien, une sensibilisation des parents et des propriétaires au problème ainsi qu'une éducation ciblée des enfants dans leur relation à l'animal, auraient pour effet de réduire sensiblement les morsures. Il s'agit là d'un véritable problème de santé publique, disposant de solutions relativement simples qui méritent réflexion. Mais cela se nomme prévention……

Jean-Marc Graff
Educateur – Comportementaliste
Consultant Radio France Bleue Alsace
Intervenant dans les Ecoles et Collèges

1- Extrait du Rapport de M le Député G. SARRE remis à M J-P CHEVENNEMENT.

2- Thèse soutenue le 4 juin 2007  - Mention Très Honorable - Université Louis Pasteur, Faculté de Médecine de Strasbourg.

 

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