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Editorial
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Chiens dangereux : vers
la tolérance zéro
Le projet de loi sur les chiens dangereux qui
renforce considérablement les obligations et la répression des
propriétaires, en prônant la tolérance zéro à la moindre morsure, devrait
être présenté jeudi en conseil des ministres.
Ce projet de loi comprenant onze articles selon le ministère de
l'Intérieur, est actuellement étudié au Conseil d'Etat. L'examen au Sénat
devrait intervenir vers le 25 octobre, le gouvernement ayant l'intention
de presser le pas à la suite de la multiplication récente des drames et
accidents avec les chiens en France.
La législation de 1999, renforcée en mars 2007, fixe déjà deux catégories
de chiens dont la détention est réglementée : chiens «d'attaque» (pitbull)
ou «de garde ou de défense» (rottweiler) qui doivent être déclarés,
tatoués et muselés dans les lieux publics.
Permis d'aptitude pour les maîtres de chiens dangereux, amendes en hausse
et surtout signalement et formation des maîtres de chiens mordeurs, même
si l'animal est a priori inoffensif, telles sont les grandes lignes du
nouveau projet de loi, selon l'Intérieur.
Les articles du futur texte se déclinent autour de quatre
principaux axes
Les articles de la future loi se déclinent autour de quatre principaux
axes.
«Permis pour chiens» - Les détenteurs de chiens dangereux (catégories 1,
d'attaque, et 2, de garde ou de défense) devront passer une sorte de
«permis pour chien», sanctionnant leur connaissance des règles de sécurité
ou leurs capacités à avoir autorité sur les molosses.
Signalement de toutes les morsures - Toute morsure de chien, sans
distinction de race ou de catégorie, devra faire l'objet d'un signalement
en mairie par le maire, le propriétaire ou le vétérinaire. Le chien
mordeur subira une «étude comportementale» et son maître suivra une
formation, la «même que pour les chiens de catégories 1 et 2». «La règle,
c'est: pas d'indulgence pour les propriétaires de chiens mordeurs», dit-on
place Beauvau.
Prohibition des chiens de catégorie 1 - La détention de chiens de
catégorie 1 sera interdite, une mesure visant également ceux nés de
croisements, désormais prohibés, selon l'Intérieur. Ils «seront
euthanasiés». Les chiens nés avant la loi de 1999 et ceux détenus par des
gens «pouvant apparaître de bonne foi» dans leur méconnaissance de la
dangerosité de leur animal, échapperont à l'euthanasie. A la condition que
les animaux soient conformes à la réglementation.
Acte de session - Un «acte de cession» des chiens avec visite vétérinaire
et un bilan sanitaire seront obligatoires dès l'acquisition. Ceux ne
déclarant pas leurs chiens et ne disposant pas de certificat d'aptitude
seront sanctionnés d'amendes
La «police administrative sera renforcée» et les amendes revues à
la hausse
La «police administrative sera renforcée», ajoute le ministère, et les
amendes revues à la hausse. Dès la morsure, il y aura enquête pénale et, à
l'issue, les maires devront prendre, ou non, la décision d'euthanasie.
Parallèlement, selon Beauvau, un «groupe de travail» a été créé afin de
mettre en place une campagne à la télévision et à l'école de
«sensibilisation et d'information» à destination des victimes d'attaques
de chiens par exemple.
Ce projet fait déjà débat. La Société protectrice des animaux (SPA) a
déclaré mercredi que les professionnels sont contre «l'ineptie de la
catégorisation (des chiens) administrative» et «l'aberration des mesures
d'euthanasie». L'Intérieur a aussitôt précisé qu'il fallait aller au delà
des classifications 1 et 2 et «s'intéresser désormais à tous les chiens
mordeurs, quelles que soient leur catégorie et leur race».
Ce n'est pas de la «répression», assure-t-il, mais «de la formation». On
recense en France 8,1 millions de chiens pour 64 millions d'habitants.
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